La magie est-elle apparue avec la Kabbale ?


Les traditions initiatiques occidentales telles la Franc-Maçonnerie, la Golden Dawn, l’Aurum Solis, etc. ont une longue histoire et sont connues mondialement. Toutefois, pourquoi devrions-nous associer Magie et Kabbale lorsque nous approchons ces traditions ? La Kabbale à elle seule constitue-t-elle la tradition ésotérique occidentale ? Il serait bien de vous questionner sur vos motivations lorsque vous voulez lire ou acheter un livre sur la Kabbale. Que cherchez-vous au juste ?

La Kabbale est partout! Dans les librairies et en ligne sur le web, vous trouverez un grand nombre de références à l’Arbre de Vie Kabbalistique, aux Sephiroth, aux Archanges, aux noms divins, etc…. En fait, en raison de son omniprésence, la Kabbale semble être la seule référence à laquelle vous pouvez vous fier, la seule source de la tradition ésotérique d’Occident. C’est pourtant tout à fait faux. La Kabbale est basée sur une interprétation juive de la bible. Il est donc ironique que la plupart des gens à la recherche d’une initiation dans un Ordre initiatique ne soient ni juif, ni chrétien, alors même que certains de ces Ordres font de la Kabbale le fondement de toutes leurs initiations.

Depuis l’époque d’Éliphas Lévi (l’occultiste français dont les écrits sont les sources des ‘Clefs de la Kabbale’ des fondateurs de la Golden Dawn et d’autres Ordres similaires), tous les initiés ont eut à apprendre le système magique de la Kabbale. A l'intérieur de ces Ordres, vous ferez des rituels fondés sur la représentation kabbalistique du cosmos et construirez les dimensions de votre être intérieur d’après ses principes. Personne ne vous demandera explicitement de devenir kabbalistes. Pourtant, si vous vous limitez à un travail répété avec des outils proprement et uniquement kabbalistiques vous deviendrez bel et bien kabbalistes, de la même façon que l’usage quotidien d’un ciseau et d’un marteau ferait de vous des sculpteurs.

À première vue, vous pourriez penser que ceci n’est qu’un détail. Toutefois, d’un point de vue occulte, il est très important d’analyser cette question de plus près. Si un ou une initiée sculpte son être intérieur selon une carte, ou un modèle bien précis sans être conscient de l’existence de ce modèle, le résultat est exactement l’opposé du progrès spirituel. On doit être conscient du processus du développement spirituel tel qu’il advient. Imaginez un sculpteur qui sculpte sans être conscient de ce qu’il créé, ou des outils avec lesquels il travaille ! La conscience de tels processus est une condition fondamentale pour tout initié voulant progresser sans être contraint par des influences dogmatiques. De plus, un second problème apparaît pour ceux qui ne prennent pas conscience des modèles à l’intérieur desquels ils opèrent : cette inconscience soumet vos corps invisibles aux influences des égrégores des religions et des cultes se nourrissant des mêmes systèmes magiques depuis des siècles.

Rappelez-vous que nous discutons ici de la tradition ésotérique occidentale. Comment nous sommes-nous retrouvés dans une telle situation ? La Kabbale provient directement de commentaires sur la Bible, alors que l’héritage ésotérique Occidental a des sources bien plus anciennes. Comment la Kabbale a-t-elle acquis cet importance ? Ne sommes-nous pas fiers des anciens Mystères d’Occident ? Êtes-vous condamnés à œuvrer au sein de ces traditions qui se limitent à l’usage de la Kabbale et de l’ésotérisme chrétien? N’y a-t-il pas d’autres voies ? Il est bien temps de se demander quelles pratiques, et quels rituels étaient d’usage chez les anciens maîtres de la Tradition Hermétique tels que Jamblique, Proclus, Pléthon, etc.

Oui, il y avait bel et bien de la Magie et de la théurgie longtemps avant la création de la Kabbale !

Comme vous le verrez dans "Philosophie et Pratique de la Haute Magie" de Denning et Philips, dans mon ouvrage "Magie Sacrée : Initiation aux Mystères", et dans mon prochain livre "The Divine Arcana of Aurum Solis", la Kabbale est un modèle, ou système magique, qui a des limites. Avec ce modèle, on peut expliquer certaines représentations bien spécifiques du cosmos et différents niveaux de conscience. Toutefois l’hébreu n’est pas la langue sacrée de la tradition des Mystères d’Occident. Le grec, l’égyptien, et le sumérien sont des langues beaucoup plus représentatives des anciens Mystères, et ce, en plus d’être les langues d’usage par les Maîtres du passé dans leurs rituels. Le pouvoir de ces rituels diffère de ceux de la Kabbale, et est beaucoup plus efficace car il n’est pas connecté à des siècles de dogmatismes et de fondamentalismes religieux. C’est pourquoi Denning et Philips ont brillamment expliqués, dans leurs ouvrages sur la Tradition Ogdoadique, pourquoi il est conseillé de progressivement passer d’un système kabbalistique à une approche magique beaucoup plus près des racines mêmes de la tradition des Mystères d’Occident. Tout cela, bien sûr, sans complètement bannir la Kabbale qui a certaines utilités.

Nous pourrions alors nous demander pourquoi les magiciens doivent apprendre et utiliser la Kabbale Hébraïque lorsque que ce modèle n’offre qu’une interprétation dérivée des anciens principes et des rituels hermétiques ?

Depuis le 15e siècle, des initiés ont usés de la Kabbale et développés un ensemble de théories et de pratiques liées à ce cadre de travail. Il est essentiel de comprendre ce qu’ils ont fait, et ce qu’ils ont enseignés. C’est pourquoi il faut apprendre les fondements de la Kabbale. Cela vous permettra de travailler et d’expérimenter avec les développements plus récents de la tradition ésotérique Occidentale. Ceci dit, vous n’avez pas à vous enfermer dans ce schéma et devenir kabbaliste afin de pouvoir expérimenter.

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